L'appel de l'âme: dragons et femme sauvage - 2ème partie

C'était mon premier cercle de femmes sur tout un week end.

 

Ce fut trois jours hors du temps. Créativité, chants et danses, des rires, des pleurs, des anciennes qui me serrèrent dans les bras comme jamais, des sœurs que je retrouvais.

Lors du voyage chamanique le dernier jour, je fus interpellée par ma rencontre avec des dragons. C'était la première fois que j'en rencontrais:

 

"Je suis dans le Monde d'En Bas, au cœur de la terre.

D'abord il fait noir. Mon guide est à mes côtés, nous survolons un lac de lave. Il y a une paroi rocheuse avec une grotte en son creux, et un homme semble dessiner sur les parois de la roche. Je descends vers le courant de lave plus bas. Il y a des dragons, des dizaines de dragons. J'ai peur que ce soit mal de voir des dragons, un mauvais signe. Bizarrement ils ne me font pas peur, malgré leurs apparences de dinosaures et de reptiles.

 

 

Mon ombre apparaît. Je fais face à une sorte d’humanoïde noire, avec des yeux étranges. C'est la peur.

Cela ne peut plus me faire de mal car c'est le passé. Tout se dissipe dans la lave.

(...) puis il me semble que mon corps se disperse / j'éclate en mille morceaux.

Je saisis le pouvoir de la transformation: je me transforme en dragon puis je reviens à ma forme humaine.

Les cendres volent tout autour de moi.

Une porte avec un tourbillon en son centre s'ouvre dans le mur et j'y entre.

C'est un monde sombre, comme le fond d'une montagne. Je vois un miroir et je m'en approche.

Je me vois, forte. Un dragon est derrière moi. Nous ne faisons qu'un en réalité. La séparation est une illusion.

De lui il reste une pierre dans mon cœur. Je reçois le "pouvoir du dragon". Je suis un dragon.

Je demande ce qu'il faudrait que je fasse. Voilà des années que j'ai l'impression d'errer, de tourner en rond.

Le sol s'ouvre et un arbre de mille feux en sort, garni de pierres précieuses, et irradiant.

(...) Exprime la Beauté intérieure pour guérir les autres. Affirme ton monde intérieur pour guérir l'extérieur, ce que tu portes en toi"

(je me souviens de mes créations plus jeunes, du monde imaginaire que j'avais crées, des histoires inventées etc).

Je me mets à pleurer.

 

Pour finir, un dernier cercle de paroles, avec cérémonie des give-away.

Chacune avait apporter un objet, qui avait été important pour elle et qui devait maintenant continuer son chemin avec quelqu'un d'autre.

Nous étions 13.  Le hasard déciderait pour nous, par tirage au sort.

 

J'étais la 13ème.

Je reçus une peinture.

Une marine, une petite toile, peinte à l'huile. Je la reçue comme un trésor. Je me sentis touchée du fond du cœur.

Il s'agissait de la première oeuvre créée par une femme, qui avait enfin osé s'inscrire à des cours de peinture.

C'était l'artiste qui recevait en cadeau une œuvre d'art.

Je me mis à pleurer de joie.

Puis j'ouvris les yeux et regardais avec plus d'attention:

L’œuvre montrait un voilier, une mer clame et violine, un rivage luxuriant me rappelant la Bretagne, un de mes lieux préféré sur Terre.

Je sentis comme une invitation de l'Univers à créer, peindre, sans rien attendre, juste pour le plaisir.

Clairement, la toile faisait référence à mon rêve-cauchemar, qui avait décidé ma consultation chez le chaman.

Puis le prénom attira mon attention. "Eliane" son prénom signature était l'anagramme du nom du personnage principal de mon pays imaginaire inventé enfant.

Décidément, tout était juste, au poil près.

 

Elle y mettait un point final, une conclusion heureuse: le jour se lèverait, et je trouverais un lieu où accoster avec mon voilier.

 

C'était déjà l'heure de se quitter. Je rentrais, gonflée à bloc de belles énergie, de connexion à moi-même et à la nature.

 

Et puis le quotidien reprit son cours. Deux mois passèrent. Les jours s'enchaînaient comme des perles.

J'avais toujours mal au dos, mes collègues me donnaient l'impression bizarre d'être tous lobotomisés et je ne savais toujours pas comment faire pour quitter ce travail. Que faire à la place?

Pourquoi, comment? Souris dans sa roue qui tourne inlassablement.

 

Je suis arrivée un matin et j'ai demandé un entretien avec la drh. J'ai formulé mon souhait d'obtenir une rupture conventionnelle. La drh a refusé évidemment, m'expliquant que l'entreprise ne faisait jamais de ruptures conventionnelles.

J'ai opiné du chef, gardé la tête haute, mais intérieurement j'étais immensément triste.

 

Quelques jours plus tard, je partis en voyage chamanique.

 

Mes guides m'emmènent voir quelque chose. Une femme démembrée, démantelée est attachée à un poteau au-dessus d'un lac noir. Seul son buste semble intacte. Elle n'a pas de jambes ni de sexe. Elle crie, hurle au vent pour qu'on la libère.

Elle ressemble à une guerrière voluptueuse, une déesse de la nuit, humaine.

Je me sens reliée à elle, comme à une ancêtre primitive.

Les corbeaux plongent dans le lac et m'invitent à les suivre. Je m'avance dans l'eau sombre. J'ai peur et ça me dégoûte aussi.

Je plonge au fond du lac. Je retrouve les morceaux, son sexe et ses jambes..

Les corbeaux me parlent alors; ils m'expliquent que cette eau sombre c'est mon énergie, c'est moi.

C'est un espace très calme qui donne accès au grand vide. Que ce lieu est propice à la création et manifestation des rêves.

A cet instant j'ai peur.

Oui j'ai peur car je ressens énormément d'énergie autour de moi, beaucoup plus qu'à l'accoutumée autour de moi pendant un voyage chamanique à la maison et je ne peux pas ouvrir les yeux pour me rassurer.

Je m'entends penser de "ressentir le programme de la peur pour m'en libérer".

Je m'autorise à ressentir cette peur. Pas facile. Comme une grille, un filet autour de mon corps. Je m'en libère.

Je comprends que nos limites nous protègent (filet de sécurité) tout autant qu'elles nous emprisonnent,  si nous oublions ce qu'elles sont réellement.

 

Je remonte à la surface et me libère du filet de pêche.

Je  prends la jeune femme dans mes bras.

Elle est enfin remembrée. Magnifique femme qui n'a pas l'air "gentille", mais tellement puissante, elle danse et ouvre un passage dans le lac.

Elle me réponds qu'il n'y a pas de mauvais choix lorsque l'on écoute son cœur. Que chaque chose faite avec le cœur est bonne.

Elle ouvre mon ventre et prends mes peurs qui ressemblent à des pierres froides. A la place elle met des pierres bouillantes, rouges et vives.

Elle rentre chez elle. Je la vois rejoindre un immense dragon."

 

Le lendemain au réveil je me sens toute étonnée et joyeuse, suite à un drôle de rêve :

"Je reçois un pendentif à tête d'ange. Il y a aussi un parchemin sur lequel est écrit "Cassael ou Casiel".

Je mange un cristal ou bien on le met dans mon cœur. Je me sens à nouveau remplie d'énergie et de bien-être."

 

Le petit angelot avait l'air un peu kitsch à vrai dire. Manger un cristal: certains chamans mangent des cristaux pour obtenir davantage de pouvoir, ou pour obtenir un nouvel allié supplémentaire. Avais-je reçu un don? Quelque chose?

En tout cas, j'avais l'impression que la chance allait me sourire à nouveau, sans savoir pourquoi.

Je me mis à faire des recherches sur ce nom angélique et comprit qu'il s'agissait de l'archange Cassiel. Plutôt habituée à prier et sentir à mes côtés Uriel et Mickaël j'étais heureuse de rencontrer un nouvel archange et de me sentir épaulée à cet instant de ma vie.

Chose curieuse, j'avais en fait l'impression de le connaître depuis bien longtemps, mais de ne jamais avoir pu le distinguer suffisamment pour l'identifier.

Son énergie est très discrète, elle remplit de douceur, comme un baume.

En faisant mes recherches sur lui, j'appris avec stupeur que cet archange est parfois représenté comme un roi chevauchant un dragon...

La veille de mon rêve n'avais-je pas vue une femme rejoindre son dragon?

J'eus le sentiment que cette femme était reliée de très près à cet archange.

 

Toujours est-il que je n'eus pas longtemps à attendre pour comprendre que mes demandes avaient bien été entendues ou alors que je m'étais "alignée":

en effet, le lendemain ma Drh principale, partie en congés maternité m'appelait au téléphone pour me dire que malgré tout ce qu'avait pu me dire sa collègue, elle était OK pour la rupture conventionnelle, pour avoir le temps de  trouver quelqu'un qui me remplace et que je pourrais former à mon poste. Au plus tard je serai partie le 31 décembre de l'année en cours. Plus que six mois à tirer...

 

J'ÉTAIS AUX ANGES <3

to be continued... à venir 3è et dernière partie :-)

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Commentaires: 1
  • #1

    Brune (mercredi, 31 octobre 2018 06:58)

    La suite est tout à fait palpitante. J'aime ta manière de décrire et de rendre ton récit vivant. Pour le fond je pense que je vais m'abstenir de commenter parce que je trouve que le fait que tu partages cela avec tes lecteurs est déjà en soi un tel cadeau...J'ai hâte de lire la suite...je voudrais que ce récit n'en finisse pas. Il pourrait à mon sens constituer un livre que je ne serai surement pas seule à vouloir dévorer.
    Merci déesse de l'ombre et de la lumière.
    Brune.